vendredi 16 février 2007

”J'ai besoin d'eux”

"Bonjour à tous et à toutes,

Mes journées à Marcoussis ressemblent exactement la même chose que les dix-huit, sauf que je ne peux pas courir parce que je dois éviter les chocs de mes 110 kilos sur ma cheville. Alors je compense avec du rameur, du vélo ou du winch pour travailler le rythme cardiaque. Mais je peux marcher normalement, nager également et courir dans l'eau."

"Aujourd'hui, je ne peux malheureusement pas me prononcer sur ma date de retour. La grosse inconnue se situe là pour moi sur cette date de reprise. Mais je ne me fixe aucune échéance pour ne pas avoir de déceptions et ne pas précipiter les choses. J'ai envie surtout de bien récupérer et si je dois jouer un match ou deux de ce Tournoi, ça me fera énormément plaisir, si je ne dois pas le jouer et bien ce sera comme ça."

"J'ai eu une grosse entorse de la cheville gauche le 16 décembre dernier en Coupe d'Europe. Ma grosse crainte, en premier lieu, c'était de souffrir d'une fracture de la malléole et les premiers examens m'ont vite rassuré à ce niveau. Mais j'ai eu une fausse idée de ma blessure parce que c'est tout de même une grosse entorse. Je pensais pouvoir soigner ça en un mois et demi et je me suis un peu avancé sur mon délai de reprise. Alors qu'en fait, je suis dans les délais normaux pour une grosse entorse de la cheville parce qu'en c'en est une. Les ligaments sont aussi touchés, très exactement le latéral externe dont les deux faisceaux sont cassés. Là, j'ai des problèmes de jambier postérieur qui me fait mal parce que ma cheville est instable, ce qui entraîne une compensation et une irritation, une inflammation qui m'empêche donc de courir."

"Je crois que Fabien Pelous est un très mauvais patient car son souci principal n'est pas sa santé mais de revenir vite. C'est d'ailleurs le problème des sportifs de haut niveau, que le sport de haut niveau n'est pas forcément très recommandé pour sa santé et que lui réfléchit avant tout en logique de reprise et d'objectifs de match, de compétition. Ce sont donc des gros bosseurs mais pas forcément de bons patients."

"J’espère pouvoir rejouer avec le Stade Toulousain cette saison. En ce qui concerne la Coupe du monde, c'est difficile de prendre un joueur qui ne joue pas. Mais si je mets six mois pour récupérer d'une entorse, c'est qu'entre temps, il y aura eu d'autres complications."

"Je pense qu'il y a une part de destin. Pourquoi est-ce que je me blesse à ce moment là, dans ces circonstances-là, alors que je n'ai plus fait un match comme ça depuis longtemps, pourquoi? Parce que c'est mon destin. Si mon destin, c'est de rejouer dans quinze jours alors tant mieux. Je fais tout pour revenir au plus vite. Et c'est pour ça que je vis les choses sereinement, que je relativise. J'ai une entorse de la cheville, ça va... Dimitri Szarzewski, lui, est sur un lit d'hôpital, Frédéric Michaela n'est pas là... Il n'y pas que le fait d'avoir 33 ans, d'autres ont cet âge et vont bien. Il y a même des plus vieux. Je ne sais pas si à 30 ans, on récupère moins qu'à 20. A 60, je veux bien le croire. Mais j'assume le travail sans problèmes. Je connais des jeunes de 25 ans qui ont les genoux arthroses. Bernard (Laporte) dit qu'on fera de vilains vieux, mais je ne crois pas, j'espère faire un vieux sympa..."

"Dans la tête, ça va. Je bosse et je n'ai pas l'impression de perdre mon temps. Il y a simplement de ne pas partager les mêmes choses que ceux qui jouent. Mais cela fait partie de la carrière. Quand je regarde autour de moi, finalement, je me dis que j'ai passé dix ans sans être blessé. Ce n'est pas parce que j'ai quelques blessures qui s'enchaînent aujourd'hui que je vais m'apitoyer sur mon sort. Je me rends plutôt compte de la chance que j'ai eu jusqu'à présent. Je n'avais connu qu'une grosse blessure auparavant, c'était avec Dax lors de la saison 1993-1994, une saison de transition en Nationale B, avec une luxation
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de la hanche, la tête du fémur qui sort de la hanche, une blessure qui arrive dans les accidents de voiture mais peu commune dans le rugby et qui aurait pu me coûter ma carrière. J'avais été absent six mois à l'époque."

"Je suis capitaine depuis quelques années maintenant et, question d'habitude, c'est sans doute rassurant pour les autres joueurs de l’équipe de France de me voir. Et puis j'ai toujours essayé de donner l'exemple et le fait d'être là, de montrer que je suis là, que je bosse malgré la blessure, peut-être que ça suffit à donner cet exemple-là. Mais je ne me suis jamais senti seul dans ma galère. Que ce soit en club ou en équipe de France, on ne m'a jamais laissé tomber. J'ai toujours voulu participer au maximum, aller aux mêmes heures d'entraînement que les autres. Je ne suis jamais tout seul et pour moi, c'est très important parce que tout seul, je ne peux pas, je n'y arrive pas. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi le rugby, parce que j'ai besoin d'être avec les autres. Sinon, j'aurai choisi le tennis ou le bowling..."

"La victoire de Dublin, je l’ai vue devant ma télé, en famille, et je ne suis pas ce qu'on peut appeler un supporter calme. Dans ces cas-là, ces jours de match, je suis d'une humeur exécrable le matin (rires). Si on a gagné en revanche, on passe une bonne soirée."

"Bien sûr, je parle avec Rapha (Bannez), Jérôme (Thion), mais plus en ami qu'autre chose. Et puis je me méfie de la perception des matches depuis l'extérieur qui est très différente de celle que l'on peut avoir sur le terrain, notamment sur la vitesse de jeu. Et puis par rapport au groupe des 22, c'est difficile de dire des choses sur ce qu'on n'a pas vécu et sur ce qu'on ne vivra pas. Et puis Raphaël n'est pas un débutant et possède une très grosse expérience du capitanat. Je ne veux pas m'immiscer dans sa gestion. Il se débrouille très bien tout seul et nos relations ne changent pas parce qu'il est capitaine. D'autant plus que ça se passe bien dans le groupe des 18, ça se passe bien dans le groupe des 22 et les relations entre les deux groupes sont bonnes également. A partir de là..."

"Je ne suis pas le seul blessé dans le groupe. Ma situation n'est pas différente de celle des quatre ou cinq autres blessés, même si la plupart aujourd'hui a repris la course. Il n'y a pas de particularité. Avec Bernard, on se croise, il voit ce qu'on fait, ce matin, il était encore sur les tapis à la musculation. On n'a pas besoin de se parler toutes les cinq minutes..."

"Sur le plan du jeu, ces deux premiers matches dans le Tournoi ont été très maîtrisés. Avec cette faculté à se sortir de la pression et à bien défendre, ce qui a constitué la clé de ces deux premières victoires. On ne s'est jamais vraiment sentis en danger sur les deux matches même si contre l'Irlande, on manque de perdre. On a eu l'impression que cette équipe de France avait vraiment maîtrisé son match."

"La différence avec les matches de l’automne, il faut se mettre ça dans la tête, c'est que ce n'était pas la même opposition. On a joué contre les meilleurs du monde, évoluant à leur meilleur niveau. Et pour l'instant, on n'est pas à leur niveau, peut-être qu'on le sera pour la Coupe du monde, je l'espère."

"Je pensais avant ces deux victoires que la France pouvait gagner ce Tournoi. Le Grand Chelem est possible lui aussi, mais on ne va pas en parler avant, pas avant le dernier match. Ce serait une bonne chose en cette année de Coupe du monde, même si ça nous imposerait un peu plus de pression."

"Plus il y aura de joueurs compétitifs, plus l'équipe de France sera tirée vers le haut, ce qui est bien le but recherché dans l'avenir. Que ce soit Thion, Nallet, Papé ou Pelous, peu importe. Ce qui compte, c'est que l'équipe de France gagne ses matches. J'ai toujours dit que l'équipe de France, c'est plus important que Fabien Pelous.

A très bientôt,

Fabien."



 
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